samedi 29 décembre 2007

Pluralité sémantique du tutorat


De nombreuses informations donnent une vision bien éloignée de ce que nous entendons, ici, par tutorat (le tutorat est une modalité d’encadrement ; le tutorat se veut être une relation d’aide ; la mise en place du tutorat vise à réduire l’abandon ou l’échec et à permettre à l'apprenant d'atteindre ses objectifs de formation ; les tâches de tutorat sont variées, dépendent du contexte et des options organisationnelles et pédagogiques ; le tutorat consiste pour un tuteur à établir, à développer, à ajuster sa relation d’aide avec le tutoré ; le tuteur peut être secondé dans son encadrement par d’autres personnes ou des outils ; etc.).

Tel enseignant requalifie ses cours particuliers en prestation de tutorat, tel étudiant donnant de bons tuyaux à ses pairs pour bachoter efficacement et venir à bout des colles (évaluation par QCM), se déclare tuteur. De plus en plus souvent, le tutorat est circonscrit au tutorat par les pairs. Les déclarations de Valérie Pécresse mais aussi les nombreux exemples réunis dans le dossier sur le tutorat par les pairs des Fragments du blog de tad illustrent cette tendance. De leur côté, Les maîtres d'apprentissage en entreprises, qui bénéficieront bientôt d'un titre de tuteur en entreprise, et dont les missions s'apparentent plus à celles de coachs pour nouveaux entrants, se reconnaissent depuis longtemps dans l'appellation de tuteur.

Alors que l'identité professionnelle du tuteur à distance a toujours du mal à s'affirmer (cf. le conflit de la Téluq), et malgré les tentatives que nous développons sur ce blog (cf. par exemple l'article Formateur à distance = tuteur à distance ?) voilà que buzz, dérives sémantiques et pratiques dans d'autres lieux que ceux des institutions de formation, donnent de nouvelles définitions du tutorat éloignées de nos représentations. Faut-il s'en étonner ? Le déplorer ? Faut-il abandonner le terme de tuteur ? Au profit de quel autre ? Faut-il, comme nous le propose implicitement André Chauvet nous définir de manière plus large et plus transverse comme des accompagnateurs ? Ou faut-il, comme nous y invite l'illustration de cet article, se représenter le tutorat de manière fractale ?

Qu'en pensez-vous ?

Tel est le débat que nous pourrions avoir ensemble à l'aube de l'année 2008.

Comme à l'accoutumé, vous avez plusieurs modalités pour participer à ces échanges :

  • commentaires à cet article,
  • envoi de textes à tad2007@free.fr
  • si vous êtes auteurs du blog, par publication directe d'articles

Image dans son contexte original, sur la page www.vatinelphoto.com/nb/

vendredi 28 décembre 2007

La "Pédagogie en ligne" est aussi l'affaire des tuteurs à distance

L'ouvrage collectif, sous la direction de Michel Arnaud, Pédagogie en ligne, méthodes et outils qui vient de sortir aux Editions Educaweb (fiche produit de l'éditeur) est présenté comme s'adressant à différents publics de la FOAD : responsables de formation, concepteurs de contenus, développeurs. Les tuteurs, pour leur part, ne sont pas identifiés comme un lectorat potentiel.

Pourtant, dans sa préface, Jacques Perriault listant les mutations de la FOAD évoque "l'irruption de la communication [...] la co-construction, la mutiplicité des échanges et des interactions en présence ou à distance, les forums, les classes virtuelles". Bref, une des mutations récentes de la FOAD réside dans le fait que les outils de communication autorisent, réintroduisent, les médiations humaines dans l'activité de formation. Je ne peux m'empêcher de souligner qu'elles n'auraient jamais dû en être exclues tant comme l'écrit P. Meirieu "Faire l'économie d'un apport extérieur et ne renvoyer le sujet qu'à lui-même c'est le nourrir d'illusions narcissiques et l'enfermer dans ses difficultés". Que si elles l'ont été, exclues, c'est par dérives et chimères technicistes voulant contraindre le pédagogue et les apprenants à réduire leur périmètre de formation aux seules fonctionnalités des outils.

Or en matière d'outils, comme je l'écrivais récemment à une participante de t@d, le plus important ce sont les usages : "Je pense utile de s'intéresser plus aux usages qu'aux fonctionnalités des outils. Aucun outil n'est créé pour des usages pédagogiques sauf peut-être les plateformes mais elles sont essentiellement des espaces d'hébergement d'outils, qui eux, n'ont pas été fait pour la formation. Pour autant, tous les outils peuvent être utilisés en pédagogie. Le pédagogue qui utilise des outils est d'abord un spécialiste de l'usage divergent, c'est à dire de la projection d'utilisations non prescrites par les fonctions de l'outil. Ceci est également à mettre en rapport avec les intentions pédagogiques et les objectifs d'apprentissage poursuivis. L'usage pédagogique s'inscrit forcément dans une séquence pédagogique qui elle même est une partie plus ou moins grande du dispositif de formation."

Pour en revenir plus précisément sur l'ouvrage présenté, j'ai relevé un effort intéressant d'Alain Semeteys et de Claude Vasamillet pour clarifier la notion de compétences. Ils distinguent trois approches issues des théories de l'apprentissage pour décrire ce que l'on entend par "compétence" :
  • "l'approche béhavioriste : la compétence est une caractéristique individuelle qui est mesurable objectivement par des tests appropriés.
  • L'approche cognitiviste : la compétence est une caractéristique individuelle. Elle se manifeste par des capacités d'action. On peut la mesurer à travers l'administration de la preuve des actions accomplies.
  • L'approche constructiviste : la compétence est l'expression, en situation et dans un environnement donné, de connaissances, capacités et aptitudes d'un individu. De ce fait, la compétence est relative et son expression dépend du contexte. On ne peut donc l'évaluer qu'en situation et seules les connaissances, capacités et aptitudes de l'individu sont mesurables."
Plus loin, les auteurs donnent cette définition de la compétence : "Aptitude à mettre en oeuvre un ensemble organisé de capacités permettant d'accomplir un certain nombre de tâches, de produire une performance. La compétence est une combinaison de savoir, savoir-faire et savoir-être (comporte des aspects cognitifs, psychomoteurs et affectifs)". Combinaison à laquelle j'ajoute le "savoir devenir" (aspects prospectifs).

Il définissent la capacité comme étant le "Pouvoir d'accomplir ou de produire un comportement en rapport avec une activité ou une tâche"

Les chapitres de ce livre qui intéresseront plus particulièrement les tuteurs me semblent être les suivants :
  • Enjeux des TIC dans le domaine de la formation
  • Pour un langage commun entre pédagogues et développeurs
  • Une communauté de pratiques singulière. Le club des dirigeants du réseau Artisanat-Université
  • Témoignages de solutions élaborées de tutorat en ligne
  • Les traces d'apprentissage pour l'analyse de la dynamique d'un dispositif de pédagogie instrumentée

Conflit des tuteurs de la Téluq : un lock-out différé par Mike Almeida

Le Devoir.com vient de publier cette lettre de Mike Almeida, Étudiant au doctorat et chargé de cours à l'UQAM et tuteur à la Télé-université.

"La décision de la direction générale de la Télé-université, l'université à distance de l'UQAM, de suspendre les admissions et les inscriptions des étudiants revêt tous les aspects d'un lock-out. Lorsque les étudiants actuellement inscrits auront terminé leurs cours, les tuteurs se retrouveront sans travail. Il s'agit donc d'un lock-out différé.

Cette décision ne vise pas à protéger les étudiants d'une grève, mais à exercer de la pression sur les tuteurs dans l'espoir qu'ils acceptent des offres salariales qui couvrent à peine l'inflation. Malgré la crise financière de l'UQAM, la Télé-université engrange des surplus depuis plusieurs années. Les tuteurs demandent un rattrapage salarial avec les chargés de cours de l'UQAM alors que tous les autres groupes de salariés de la Téluq ont obtenu la parité avec leurs collègues de l'UQAM."

Source : Le Devoir.com

jeudi 27 décembre 2007

Parce que les tuteurs doivent aussi aider les apprenants à apprendre à apprendre

Il y a quelques semaines, Jacques Cartier attirait l'attention sur un ouvrage au prix modique mais aux avantages multiples "Apprendre à apprendre" d'André Giordan et Jérôme Saltet.

M'étant procuré ce livre, je le conseille à mon tour, en particulier aux personnes en situation de formation et en priorité à celles d'entre elles qui ont le sentiment tout à la fois de subir leur formation et de s'en désintéresser.

Structuré en 8 chapitres indépendants les uns des autres (comprendre pour apprendre, se donner le désir d'apprendre, travailler sa mémoire, savoir poser et résoudre un problème, savoir maîtriser l'information, savoir "vendre" ses idées, savoir s'organiser, comment mettre son corps en ordre pour apprendre), cet ouvrage permet à son lecteur, dans un vocabulaire simple et à grand renfort d'exemples pratiques, de penser et de mettre en oeuvre des stratégies cognitives efficaces ainsi qu'une démarche métacognitive destinée à leur amélioration.

La métacognition tout comme les compétences méthodologiques sont indispensables "à chaque jeune [qui] doit se préparer à se mouvoir dans un monde dont il ne connaît pas encore les contours. Il est impossible de se faire une idée des innovations qui bouleverseront la vie de la planète dans les cinquante prochaines années. Extrapoler sur les savoirs qui vous seront "utiles" en 2020-2040 est une gageure ! La priorité d'une formation, ce n'est plus d'accumuler des savoirs mais, au travers des connaissances, d'introduire une disponibilité : l'envie de chercher à comprendre en permanence, c'est-à-dire une curiosité d'aller vers ce qui n'est pas évident ou familier."

Nul doute que les tuteurs trouveront également dans ce petit livre, idées, cas pratiques, exemples tant pour examiner leur pratique tutorale que pour aider leurs tutorés à s'engager résolument dans l'exercice de leur métier d'apprenant.

Editeur : Librio
Date de parution : août 2007
Collection : Librio Memo, numéro 831
Nombre de pages : 94 pages
Format : 13 cm x 21 cm
ISBN : 2290002232

mercredi 26 décembre 2007

Le conflit se poursuit entre les tuteurs et la direction générale de la Téluq

Alors que la direction de la Téluq a décidé de couper une partie du salaire des tuteurs pour pénaliser le fait qu’ils n’inscrivent plus les notes des étudiants dans le système, plusieurs tuteurs qui n’appliquaient pas ce moyen de pression ont décidé de l’adopter.

Par ailleurs, le choix de la direction d’arrêter les inscriptions pour la session d’hiver ne semble pas être apprécié des étudiants. Déjà plusieurs d'entre eux ont affirmé être fâchés d’une telle décision.

Il apparaît, tel qu'indiqué dans un document du syndicat des tuteurs de la Téluq que « Les dernières offres monétaires de l’employeur épousent la forme d’une échelle salariale calquée sur celle des professionnels de la Téluq, mais dont les conditions d’application sont inacceptables. Les trois quarts des tuteurs ne toucheraient rien de plus que les paramètres gouvernementaux : 2% par année sur les nouvelles assignations, à compter du 1er mai 2006. Par-dessus tout, l’employeur refuse de considérer dans ses calculs la valeur monétaire des avantages sociaux dont bénéficient ses employés permanents, mais dont sont privés les tuteurs. » Ainsi, les propositions de la direction générale sont bien peu en rapport avec les revendications des tuteurs.

Dans ce même document syndical, les tuteurs précisent les suites de leur action « L’employeur persiste plus que jamais à nous considérer comme des employés surnuméraires n’ayant droit qu’au strict minimum. À moins d’un revirement inattendu, nous n’aurons d’autres choix que d’exercer notre droit de grève pour obtenir justice. La grève n’est pas une action que l’on pose de façon inconsidérée. Il en tient de la reconnaissance de notre statut professionnel à la Téluq. Notre contribution à l’enseignement doit être reconnue à sa pleine valeur sans quoi l’avenir de notre profession s’annonce sous le signe de la déqualification de nos emplois. Au bout du compte, les grands perdants seraient nos étudiants. L’enjeu mérite qu’on tente le tout pour le tout. Si grève il y a, ce sera fait dans le respect des règles prévues au Code du travail.»

Après deux années durant lesquelles les négociations ont piétiné, la direction affirme être disposée à négocier de manière intensive. Reste à savoir quelle est la qualité du grain à moudre qu'elle compte apporter aux tuteurs ! A moins qu'elle ne souhaite adopter la méthode de management de Bernard Blier...


lundi 24 décembre 2007

Publication de "Tutorat à distance" volume 1 des Fragments du blog de t@d


En cette fin d'année, le blog de t@d apporte, lui aussi, son paquet au pied du sapin.

Le volume 1 des Fragments du blog de t@d rassemble, dans un fichier PDF (2 Mo), une sélection d'articles publiés sur le blog organisée en trois parties : Contributions, retours sur les sondages et un dossier sur le tutorat par les pairs.

vendredi 21 décembre 2007

De la légitimité du tuteur à distance


Dans son article, Richard Peirano traite de sa légitimité à intervenir comme tuteur. J'avais, il y a quelques années, rédigé une chronique intitulée "Le pouvoir et la légitimité du formateur à distance" que je concluais ainsi "Si la légitimité de départ conférée par l'institution au formateur [au tuteur] est comparable à celle du formateur en présentiel, les autres facteurs qui la créent et la maintiennent se présentent différemment. Dans la mesure où le formateur à distance [le tuteur] n'est pas forcément le concepteur du contenu, son pouvoir d'expert est moins établi. N'ayant principalement en charge que des tâches de support à l'apprentissage, et ne bénéficiant le plus souvent que d'un statut précaire, sa légitimité de référent cognitif semble moins établie. Pourtant, le formateur à distance [le tuteur], de par sa position d'interlocuteur privilégié et d'intermédiaire entre l'institution et l'apprenant est investi par ce dernier d'une légitimité socio-affective que beaucoup de formateurs présentiels, sceptiques sur la possibilité de la formation à distance a maintenir la proximité dont ils pensent jouir avec leurs apprenants, pourraient envier."


Reprise de l'article de Richard Peirano paru sur son blog.

J’ai découvert au deuxième trimestre de cette année 2007 que j’avais le don d’ubiquité. Je peux être documentaliste dans un lycée à Laval la journée et tuteur à l’université de Limoges, le soir.

Et normalement, je vais continuer en 2008. En quoi cela consiste-t-il ?

J’assure le tutorat pour l’application professionnelle des étudiants du DESS communautés virtuelles, l’unité d’enseignement 183 pour les puristes. Et ce travail nous le faisons à deux, avec Anne, un de mes copines de DESS avec qui je continue ce moment rare de collaboration, vécu il y a quelques années.

Plus particulièrement, il s’agit d’accompagner les étudiants, tous des adultes en formation professionnelle qualifiante, à réussir leur application professionnelle. pour mémoire, voici en quoi cela a consisté pour moi.

Car le point de départ qui fonde notre légitimité à les accompagner réside dans notre expérience personnelle de cette application professionnelle : nous SAVONS, de part notre vécu, la nature des diverses difficultés qui les attendent et qui vont s’enchainer. Lors de notre présentation au groupe d’étudiants, l’année dernière, cela avait été les premières questions. Très pratiques ! Comment est-ce que cela se passe exactement ?

Notre premier rôle a donc été d’installer cette légitimité sur ce postulat : nous l’avons fait et vous non. Et c’est beaucoup.

Je pense que ce sera différent cette année, car aujourd’hui nous ne sommes plus seulement les jeunes diplômés mais nous sommes aussi les anciens tuteurs. Et plus cela ira, et plus nous allons remplacer notre expérience vécue du dess par une expérience plus distanciée liée à notre métier de tuteur.

jeudi 20 décembre 2007

La Téluq sous la menace de la grève des tuteurs






Il y a quelques semaines, nous vous faisions part du mouvement social des tuteurs de la Téluq et avons publié le communiqué de leur syndicat.

Face à la menace de la grève des tuteurs, la direction générale de la Téluq communique auprès des étudiants. Nous reprenons ci-dessous un extrait de ce communiqué.

Il est à noter que les négociations butent toujours sur la prise en compte des revendications des tuteurs :
  • Rattrapage salarial équivalent à celui qu'ont obtenu les chargés de cours de l'UQAM, 19,6% sur trois ans
  • Rémunération établie en fonction d'une échelle salariale qui tient compte de la scolarité et de l'ancienneté
  • Prime de départ à la retraite
  • Congé sans solde du 24 décembre au 2 janvier et ce, sans devoir puiser dans sa banque de vacances
Il semble que la direction générale veuille s'appuyer sur le mécontentement des étudiants pour faire pression sur les tuteurs. C'est peut-être oublier un peu vite, que les tuteurs entretiennent des relations de confiance avec les étudiants.

Extrait du communiqué de la direction générale de la Téluq

La Télé-université est en négociation avec le syndicat des tuteurs et tutrices - CSN pour le renouvellement de la convention collective. En raison des moyens de pression qui ont perturbé les derniers trimestres et devant la menace d’une grève imminente, annoncée par le syndicat des tuteurs et tutrices, la Télé-université suspend l’admission à ses programmes, de même que l’inscription et la réinscription à ses cours du 1 er cycle qui devaient être offerts à compter du 3 janvier 2008. L’admission et l’inscription reprendront dès que les conditions permettant aux étudiants de poursuivre leurs études sans perturbation sérieuse seront rétablies. Les étudiantes et les étudiants qui complètent présentement des cours débutés aux trimestres d’été et d’automne peuvent compter sur le soutien de leur tuteur ou de leur tutrice, le syndicat n’ayant pas encore déclenché la grève. Par ailleurs, veuillez noter que les admissions, les inscriptions ainsi que les activités d’enseignement du 2 e cycle et du 3 e cycle se poursuivent normalement.

Idées de livres sur des thèmes connexes au tutorat

En cette fin d'année, voici quelques livres qui peuvent vous intéresser. Ils nous viennent pour la plupart du Québec et sont diffusés par les PUQ. Ils sont sortis il y a quelques années, d'autres sont assez contextualisés au Québec mais il est certain que les tuteurs peuvent en tirer un grand profit. Que ce soit sur le thème de l'accompagnement (socioconstructiviste ou non), de la collaboration, de la métacognition ou de la place de l'affectivité dans l'apprentissage, il y en a pour tous les goûts.

N'hésitez pas à nous faire part des résultats de vos lectures !


L'accompagnement en éducation - un soutien au renouvellement des pratiques. De Louis-Philippe Boucher, Monique L'Hostie

Le renouvellement des pratiques en éducation est une entreprise complexe et exigeante qui, pour être durable, doit s’accompagner d’une réflexion sur les conceptions, les croyances et les valeurs qui sous-tendent l’action au quotidien.

Ce livre est, à la fois, un outil de connaissance et de réflexion sur l’accompagnement comme soutien au renouvellement des pratiques en éducation, et un guide d’action pour les personnes qui souhaitent accompagner les praticiens et praticiennes dans leur processus de changement. Les auteurs présentent les défis, exigences et conditions de l’accompagnement et proposent des expériences concrètes d’accompagnement réalisées dans divers milieux éducatifs : primaire, secondaire, collégial et universitaire.

2004, 208 pages, D1278, ISBN 2-7605-1278-9


L'accompagnement en éducation et formation - Un projet impossible ? Arnaud Du Crest, Guy Le Bouëdec, Luc Pasquier, Robert Stahl - Postface de Alexandre Lhotellier

Le propos de cet ouvrage est d'analyser le processus d'accompagnement : dans quelles situations un accompagnement est-il pertinent ? Que fait-on exactement quand on accompagne quelqu'un ? En quoi l'accompagnement diffère-t-il d'autres postures éducatives ? Quel principe éthique peut servir de repère aux accompagnateurs . Peut-on se former à l'accompagnement ?


ISBN : 2-7475-0332-1 • 2001 • 208 pages


Accompagnement socioconstructiviste. Louise Lafortune, Colette Deaudelin

Comment favoriser l’implantation d’un changement en éducation comme celui de la réforme québécoise actuelle ? Comment intervenir dans une approche socioconstructiviste de l’apprentissage ?

Les auteures de ce livre proposent aux personnes intervenant auprès des enseignantes et des enseignants, aux directions d’école, aux services pédagogiques et à tout autre secteur engagé dans ce processus, un programme de formation à l’accompagnement socioconstructiviste illustré par 15 activités qui permettent de s’approprier un changement comme celui prôné par le programme de formation de l’école québécoise. Les activités présentées concernent autant le développement de bases conceptuelles que la réflexion sur des pratiques, le partage d’expériences et la modélisation de la démarche d’accompagnement.

2001, 232 pages, D1129, ISBN 2-7605-1129-4


Constructivismes : choix contemporains. Philippe Jonnaert, Domenico Masciotra

Plus qu’un hommage à Ernst von Glasersfeld pour ses travaux en épistémologie du développement des connaissances, voici une réflexion sur le constructivisme.

Les textes sélectionnés, disponibles dans certains cas pour la première fois en français, mettent en parallèle les travaux de von Glasersfeld et les réflexions de nombreux chercheurs. Ils montrent l’impact du constructivisme sur la recherche et les pratiques éducatives et décrivent son influence sur les réformes curriculaires et les choixactuels en éducation.

Tous ceux et celles qui inscrivent leur réflexion dans une perspective constructiviste trouveront, dans les réponses proposées par von Glasersfeld, un nouvel éclairage sur sa véritable nature.

2004, 340 pages, D1280, ISBN 2-7605-1280-0


Collaborer pour apprendre et faire apprendre. Colette Deaudelin, Thérèse Nault

Les récentes réformes en éducation encouragent le recours à l’apprentissage par les pairs et prônent le développement de compétences liées aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Or, depuis au moins une décennie, des formateurs exploitent de nouveaux environnements favorisant les interactions entre apprenants sans toutefois examiner de façon systématique l’apport des nouvelles technologies à ce type d’apprentissage. Dans cet ouvrage, les auteurs présentent quelques designs d’environnement d’apprentissage et étudient l’impact de tels dispositifs sur les nouvelles façons d’apprendre.

Les formateurs pourront y puiser des idées d’activités éducatives. Les chercheurs bénéficieront des dispositifs méthodologiques qui y sont décrits et de la réflexion sur le plan conceptuel à laquelle l’ouvrage accorde une attention particulière. Enfin, les lecteurs, nous l’espérons, pourront y développer le goût d’apprendre en coopération et en collaboration.

2003, 296 pages, D1228, ISBN 2-7605-1228-2


Les groupes de discussion. Stéphane Martineau, Denis Simard

En tant que formule pédagogique, les groupes de discussion soulèvent très souvent des réticences. Plusieurs soutiennent qu’il s’agit d’une pratique exigeante qui demande trop de temps et qui place le formateur en situation de vulnérabilité. Ainsi la pratique de la discussion paraît relever d’un papillonnage inutile qui détourne de l’essentiel : l’atteinte des objectifs éducatifs.

Le but de cet ouvrage est précisément de renverser ce préjugé et de montrer que la pratique de la discussion est une formule rigoureuse qui aide les apprenants à apprendre et qui favorise le développement des compétences aussi bien intellectuelles que sociales et affectives.

Toutefois, mettre en place des groupes de discussion dans sa classe sollicite grandement l’engagement de l’enseignant et des apprenants. Une mauvaise préparation du formateur, un objet de discussion imprécis, une structuration insuffisante de la démarche ou un mauvais climat de classe sont en effet autant de facteurs qui nuisent à l’atteinte des objectifs visés par la discussion. Cet ouvrage met en relief les fondements pédagogiques de cette formule ainsi que ses avantages et ses limites. Il propose justement des réponses à des questions précises : Comment mettre en place et conduire une discussion ? Comment amener les apprenants à échanger de manière constructive ? Quel type de leadership l’animateur doit-il adopter ? Quelles sont les conditions éthiques à respecter ? etc. Rédigé en termes simples et clairs, il s’agit donc d’un outil de réflexion et de travail destiné à nourrir la pratique des enseignants.

2001, 176 pages, D1065, ISBN 2-7605-1065-4


Pour guider la métacognition. Louise Lafortune, Suzanne Jacob, Danièle Hébert

Comment guider des élèves dans le développement d’habiletés favorisant un apprentissage autonome et une meilleure gestion de leur démarche mentale ? Comment les aider à mettre sur pied leurs propres stratégies, à les critiquer et à les verbaliser pour en discuter ? Comment accompagner les intervenants et intervenantes afin qu’ils deviennent des guides dans une optique métacognitive ?

Les trois auteures décrivent des expériences d’interventions réalistes en classe, les conditions d’enseignement, de même que les principes d’accompagnement et de formation continue dans une optique métacognitive.


L'affectivité dans l'apprentissage. Louise Lafortune, Pierre Mongeau

Comment gérer l’anxiété et le plaisir associés à l’apprentissage ? Comment favoriser la confiance et l’engagement nécessaires à l’apprentissage ? Quel impact les relations parents-enfant ont-elles sur l’apprentissage ? Voilà autant de questions sur lesquelles se sont penchés des spécialistes du Québec et d’Europe préoccupés par la formation à l’enseignement afin de prendre en compte les réactions émotives des élèves par rapport à l’école.

Ce livre décrit les récents travaux portant sur la recherche et l’intervention en éducation. Il trace, à partir des liens interpersonnels qui unissent élèves, personnel enseignant et parents concernés par la situation d’apprentissage, un panorama des grands axes de recherche dans la francophonie, prenant en compte les aspects affectifs de la situation d’apprentissage. Il s’adresse à toutes les personnes intervenant en éducation ou réalisant de la recherche, du primaire à l’université.

2002, 254 pages, D1166, ISBN 2-7605-1166-9

mercredi 19 décembre 2007

L'écoute active au service du tuteur à distance par Jacques Rodet

J'ai déjà eu l'occasion d'aborder la question de l'écoute active des apprenants en FOAD par le tuteur à distance. Voici l'essentiel de mon article présenté sous forme de diaporama.

samedi 15 décembre 2007

Exploratree, des outils conceptuels pour les tuteurs ?

Une fois n'est pas coutume, dans ce blog qui se veut délibérément francophone et somme toute peu orienté sur les outils, j'attire votre attention sur un site anglophone présentant un outil permettant d'élaborer visuellement sa réflexion et son propos.

Il y a quelques années, je m'étais intéressé aux représentations graphiques au service du concepteur pédagogique. Si le tuteur à distance n'est pas en premier lieu un concepteur, il lui arrive fréquemment de devoir concevoir des activités d'apprentissage pour les apprenants.

C'est pourquoi je vous invite à découvrir le répertoire d'outils exploratree

Quelques usages possibles des différents outils pour le tuteur à distance

Outil
Tracking an enquiry : pour définir une stratégie
Outil
Futures wheel : imaginer les conséquences d'une intervention tutorale
Outil
Lotus blossom
: trouver et organiser des idées en réponse à une situation problème d'un apprenant
Outil
From a different angle : pour examiner une question du point de vue de différentes postures (apprenant, pairs, institution, tuteur, etc.)
Outil
Thinking boxes : pour examiner une question du point de vue de différents positionnement spatiaux (du local au plus global)
Outil
PMI - plus, minus, interesting : pour évaluer les points forts et les points faibles d'une idée ou d'une intervention tutorale
Outil
Scamper : pour substituer, combiner, modifier etc. Faciliter l'imagination des possibles et la transposition d'intervention envers un apprenant à d'autres apprenants.
Outil
Thinking actively in a social context : pour penser son activité tutorale au sein du contexte générale de la formation
Outil
Reverse planning : pour organiser ses tâches tutorales en fonction d'une date butoir (fin de formation par exemple).
Outil
Is / is not : pour diagnostiquer au plus juste une demande d'un apprenant
Outil
Complete reversal : pour traiter une question d'un point de vue et de son contraire afin de se départir de ses habitus.
Outil
Compass rose : pour décrire son intervention tutorale selon les différents plans de support à l'apprentissage
Outil
Facts or opinions : pour faire le tri entre les faits et ses opinions ou ses préjugés
Outil
Making meanings : pour mettre au point une stratégie cognitive
Outil
Compare and contrast : pour faciliter la négociation du sens avec les apprenants en comparant les différentes représentations. Peut aussi être utile pour l'évaluation en comparant un référent à un référé.
Outil
Knowing trees : pour trouver les sources d'information ou les personnes ressources. Par exemple, qui dois-je contacter si un apprenant me fait part de problèmes techniques que je ne sais pas résoudre ?
Outil
Digging up roots : Pour identifier la source d'un problème rencontré par un apprenant qui vient de vous envoyer un message peu précis.
Outil
Traffic lights : pour présenter de manière ludique un règlement, des principes contraignants, à un groupe d'apprenants
Outil
Examine existing and new ideas : pour représenter les différents points de vue exprimés dans un groupe d'apprenants
Outil
Question things : QQQOCP graphique
Outil
A day in the life : un agenda...
Outil
Possible/ probable/ preferable futures : Pour se projet, planifier, "savoir devenir"...


Ce qui précède ne sont que des hypothèses d'usages de ces outils dans un contexte tutoral. N'hésitez pas à rendre compte sur ce blog de vos expérimentations de ces outils tant pour la conception que la planification de vos interventions tutorales ou d'activités d'apprentissage.

Bien évidemment, ces outils peuvent également servir aux apprenants. Raison de plus pour les expérimenter afin d'être en mesure de les guider dans leurs utilisations.

jeudi 13 décembre 2007

Tutorat et e-learning : les annonces de Valérie Pécresse

"A partir de septembre prochain, l'université pourra recruter des étudiants, en leur proposant un contrat à mi-temps et pendant un an au maximum, rémunéré au moins au smic. Que ce soit pour du tutorat, pour l'accueil des nouveaux étudiants ou l'aide à l'insertion des handicapés, l'étudiant pourra gagner de l'argent sans s'éloigner de son campus, tout en ayant des horaires adaptés. Et la fac en profitera pour personnaliser son accueil."

"Je vais mettre en place un cahier des charges national, pour permettre aux universités d'avoir recours à des solutions pédagogiques innovantes : petits groupes, e-learning. Chaque étudiant aura un accompagnement davantage personnalisé : par exemple, un enseignant référent."

Valérie Pécresse
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

Source : 20minutes.fr

S'il est intéressant d'ouvrir la possibilité d'un tutorat de masse, de nombreuses questions restent néanmoins en suspens. Si elles demeuraient sans réponse, le dispositif annoncé aurait bien du mal à se concrétiser.
  • Quels seront les rôles précis des tuteurs étudiants ?
  • Quelle formation pour les y préparer ?
  • Quelles relations auront-ils avec le corps enseignant ?
  • Quelle forme de contrat de travail ?
  • La rémunération au SMIC pour un contrat à mi-temps sera-t-elle suffisamment attrayante ?
  • ...
Par ailleurs, il semble qu'un nouveau dispositif concernant le e-learning dans les universités verrait le jour. Après les campus numériques qui ont essentiellement permis la création d'une multitude de plateformes et les UNT qui se consacrent au développement de contenus, faut-il enfin s'attendre à la mise en place d'un vaste plan de formation des enseignants aux médiations à distance qui leur faciliterait la réalisation d'interventions tutorales et de support à l'apprentissage ? Sous quelles conditions statutaires les nouvelles charges de travail liées à l'accompagnement personnalisé seront intégrées aux charges professionnelles des enseignants ?

mardi 11 décembre 2007

Enquête sur le concept de modèle allostérique de l'apprendre, par Philippe Inowlocki

J'ai regardé la vidéo de l'interview de Frédéric Sibomana avec beaucoup d'intérêt et j'ai cherché les liens que Jacques établissaient avec la présentation Powerpoint de Francine Pellaud sur les modèles d'apprentissage tels qu'ils sont étudiés au Laboratoire de didactique et d’épistémologie des sciences (LDES) dirigé par M. André Giordan.

Et quel est donc la signification de cet étrange vocable de "Allostérie" pour moi qui ne suis ni biologiste, ni physicien ?

Une première recherche sur Wikipédia m'apprend que : l'allostérie (du grec λλως, allos : autre et στερεός, stereós : forme) est un concept élaboré en sciences biologiques, décrivant la manière dont les molécules telles des enzymes au sein de l'environnement de la protéine interagissent ensemble et cela à distance.

Ce concept a été formalisé par Jacques Monod, Jean-Pierre Changeux et Jeffries Wyman dans une publication de 1965.

Comme me le fait remarquer Jacques Rodet, il aura fallu 22 ans avant qu'André Giordan (1987), agrégé de biologie, emploi l'analogie de la protéine allostérique pour décrire comment les conceptions des personnes en situation d'apprentissage se structurent et se déstructurent pour créer de nouveaux aménagements. Et près de 43 ans pour que nous en discutions ici !

Le fondement du modèle allostérique de l’apprendre :
les conceptions, modelées par les multiples environnements de l’apprenant.
Giordan et Pellaud, LDES, 2001


Francine Pellaud, R-E Eastes et A. Giordan écrivent dans "Un modèle pour comprendre l'apprendre : le modèle allostérique" (mars 2007)

"Tout comme le chimiste fonde sa description de la structure de la matière sur le concept de molécule, nous considérons le savoir comme résultant de la juxtaposition de conceptions. Les conceptions constitutives du savoir étant par nature intégrées dans des structures mentales dynamiques enchevêtrées et liées par des liens de forces très variables, elles peuvent être comparées aux acides aminés des protéines. A ce titre, la biologie moléculaire fournit un exemple de protéines particulièrement adaptées à cette métaphore : les protéines allostériques, dont la structure et la fonctionnalité changent sous l’influence de leur environnement. D’où la dénomination du modèle développé ici : le modèle allostérique de l’apprendre."

Francine Pellaud (qui recherche un éditeur pour ses œuvres multimédias pour enfants) précise dans son article publié dans la revue Gymnasium Helveticum, que cette série de travaux vise non pas à proposer une énième nouvelle méthode pédagogique mais plutôt à aider à comprendre comment on apprend. Libre à l'enseignant ensuite de réfléchir à l'usage qu'il pourrait en faire dans son activité.

Reste à discuter ici la pertinence de l'emploi de concepts issus des sciences "dures" ou du vivant pour éclairer des processus de l'activité mentale et sociale. En effet, il s'agit d'un mouvement ancien et très fructueux au sein de la psychologie, pour ne citer que les travaux de Piaget par exemple, celui-ci fait appel au modèle biologique pour décrire le développement de l'intelligence et des aptitudes chez l'enfant. Car pour Piaget, c'est dans la biologie du développement de la pensée que se trouve les clefs pour comprendre les phénomènes mentaux et les processus intellectuels.

Dans le cas qui nous occupe, le modèle allostérique, il s'agit d'une métaphore pour décrire de manière didactique le développement des apprentissages. Ce n'est donc pas un modèle explicatif biologique.

Et vous, employez-vous des métaphores biologiques, corporelles ou médicales dans vos activités de tutorat ?

Comment réagissent les apprenants que vous accompagnez ? Peut-être pouvons-nous en parler ici ?

Vidéo de Frédéric Sibomana sur les théories de l'apprentissage

Image dans son contexte original, sur la page www.3ct.com/.../numero%2002/ftechnique%202.htm.

Michel Diaz dans son récent article "E-learning et pédagogie active : je t'aime moi non plus ?" s'interrogeait sur la liberté accordée aux apprenants par les concepteurs de e-learning et la mise en oeuvre de pédagogies actives. Il concluait ainsi "
Peut-on néanmoins s'assurer d'une certaine compatibilité entre ces paradigmes ? Oui, je le crois." [...] La clé consiste – nous n'aurons de cesse d'y revenir – en l'intégration du e-learning dans une démarche pédagogique globale ; quel que soit la forme qu'il peut prendre, le e-learning sera considéré comme une ressource et non une finalité [...] C'est la pédagogie qui donnera le ton, qui assurera l'unité et la cohérence d'ensemble.Elle est la source essentielle de valeur que peut créer le projet de formation."

A la lecture de cet article, je me suis souvenu de l'annonce d'une communication de Frédéric Sibomana à la Téluq, qui m'avait heurté par l'affirmation de son titre "Le constructivisme radical et la démarche de planification d'activités d'apprentissage : points de vues difficilement réconciliables."

La présentation de cette intervention était la suivante : "Lorsqu’il planifie les activités d’enseignement, le technologue de l’éducation doit déterminer quoi enseigner, comment l’enseigner et comment évaluer les résultats de l’enseignement. Pour orienter le activités liées à la planification, le technologue de l’éducation a besoin d’une théorie de l’apprentissage. Au cours de son histoire, la technologie éducative a pu intégrer sans heurts les théories béhavioriste et cognitiviste de l’apprentissage. Cela n’a pas été le cas avec le constructivisme radical : certains principes constructivistes radicaux sont incompatibles avec la pratique établie en matière de planification en technologie éducative. État des lieux et discussion."

Je n'ai malheureusement pas pu assister à cette communication et n'en ai pas trouvé de traces. C'est pourquoi, je me rabats sur une vidéo de Frédéric Sibomana dans laquelle il présente les principales caractéristiques des théories de l'apprentissage et défend l'idée d'un concepteur éclectique en matière d'approches pédagogiques.

Et le tuteur à distance ? Ne doit-il pas l'être également, éclectique ? En tout cas, il doit être en mesure d'identifier et de comprendre les tenants et les aboutissants de ces différentes théories. Cette vidéo peut l'y aider.


Cliquer sur l'image pour voir la vidéo dans son contexte original

Pour aller plus loin sur les théories de l'apprentissage :
"L'analogie allostérique, vers un modèle cognitif de l'apprendre" qui fonctionne sur l'idée de transformation des savoirs déjà acquis, par un processus de déconstruction / reconstruction.

Présentation de l'ouvrage de
Marcel Lebrun eLearning pour enseigner et apprendre

samedi 8 décembre 2007

l'ACFCI annonce la création du titre de tuteur en entreprise

L'ACFCI (Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d'Industrie) organisait vendredi 6 décembre une journée autour du tutorat en entreprise (cf. programme de la journée en .doc).

Il y a été annoncé la création d'un titre de tuteur en entreprise.

Si le maître d'apprentissage intervient le plus souvent auprès d'un nombre réduit d'apprentis, voire d'un seul, en présentiel, et s'il n'est pas un professionnel de la formation, il est néanmoins cousin du tuteur à distance et demi-frère du coach dans la mesure où il doit accompagner [in situ] un individu à construire ses compétences [professionnelles]. Les dispensateurs de formation à distance ne devraient-ils pas s'inspirer de l'ACFCI en créant un titre de tuteur à distance ?

Communiqué de l'ACFCI

Pour répondre à la demande de grandes entreprises, l’ACFCI a conçu un titre de tuteur en entreprise. Une annonce faite par Jean-François Bernardin, président de l’ACFCI lors du colloque organisé le jeudi 6 décembre à Paris, portant sur l’engagement des CCI dans ce domaine.

Il s’agit de valoriser la fonction tutorale dans l’entreprise, clé de voute des filières en alternance et notamment de l’apprentissage, mission prioritaire du réseau des CCI qui accueille près de 100.000 apprentis chaque année dans 150 CFA.

A la demande de sept grandes entreprises (ACCOR, Air France, Auchan, Euro Disney, SCA, Groupe Flo, Parc Astérix et Veolia Environnement), l’ACFCI et le réseau des CCI ont mis en place un processus innovant d’évaluation et de certification des tuteurs en vue de la délivrance d’un titre de « tuteur en entreprise ».

Ce titre repose sur une double évaluation : un certificat de compétences délivré conjointement par les CCI et l’AFAQ/AFNOR et le passage devant un jury constitué de représentants d’entreprises et de CCI.

Avec la création de ce titre, les CCI visent la professionnalisation et la valorisation du tutorat dans divers contextes de formation en entreprise : apprentissage, contrat ou période professionnalisation, stages et formation continue.

Il s’agit, pour toutes les entreprises, d’un levier pour le développement de la formation et le transfert de savoir faire.

Dans la continuité de l’expérience conduite avec quelques grandes entreprises, les CCI souhaitent tout particulièrement mobiliser les PME.

Enfin, l’ACFCI propose qu’une réflexion soit engagée sur la question de la reconnaissance de la fonction tutorale. Elle propose ainsi que soient élargies à l’ensemble des dispositifs de formation en alternance et aux salariés des entreprises les dispositions du code du travail autorisant déjà les réseaux consulaires à délivrer un titre de maître d’apprentissage.

Source : AFCI

Image dans son contexte original, sur la page www.troisiemevoie.com/troisiemevoie/coaching/

vendredi 7 décembre 2007

Retour sur le sondage "Depuis quels lieux, exercez-vous vos interventions tutorales ?"

Depuis quels lieux, exercez-vous vos interventions tutorales ?
  • Locaux de l'employeur : 3, 33%
  • Domicile personnel : 7, 77%
  • Autres : 3, 33%

9 personnes ont répondu à ce sondage. Il était possible de sélectionner plusieurs réponses. Ainsi, il apparaît que 4 personnes au plus (44%) réalisent leurs interventions tutorales depuis plusieurs lieux.

Le domicile personnel vient largement en tête. Cela pose un certain nombre de questions connexes tant sur les moments de l'intervention (journée ou en soirée, week-end compris ?), que sur les frais occasionnés (matériel, connexion, impressions, etc.).

Si il est assez avantageux financièrement pour l'employeur de ne pas avoir à fournir locaux et matériels au tuteur, celui-ci, dont on sait que l'activité tutorale est une activité professionnelle le plus souvent secondaire, peut également tirer profit de cette situation (réaliser ses interventions en soirée, par exemple sans avoir besoin de descendre au bas de son immeuble pour griller une cigarette).

Plus fondamentalement, cela illustre une tendance forte de nos sociétés où les différentes sphères privée et professionnelle s'interpénètrent.

Lors d'une intervention que j'ai effectué hier auprès d'enseignants universitaires, un participant m'indiquait qu'il se refusait à ramener du travail à son domicile et que lorsqu'il corrigeait les travaux de ses étudiants, il le faisait dans son bureau et durant ses heures de travail...

Il est certain que l'activité tutorale, surtout lorsque l'on constate comment elle est présentée par les dispensateurs de formation (cf. le post le tutorat en lagnage commercial) implique quasiment systématiquement pour le tuteur de l'exercer au moins partiellement depuis son domicile à des horaires atypiques.

Les conditions d'exercice du tutorat renvoie donc au cadre plus large des conditions d'exercice du télé-travail. Cette modalité change de manière importante le rapport au travail et à l'employeur. Lors du débat qui a occupé dernièrement les participants de la liste Foademplois (pourquoi les chefs de projet e-learning sont incités à travailler sur Paris plutôt que depuis chez eux en province), il apparaissait que le télé-travail était bien plus attendu de la part des salariés que des employeurs. L'employeur serait-il insécurisé par le fait de ne pouvoir contrôler les heures de travail et de ne pouvoir évaluer le travail de son salarié que sur les résultats produits ? Alors que l'autonomie est un mot d'ordre intimé par la hiérarchie aux salariés, cela ne manque pas de piquant.

A la lecture de notre sondage, Le tutorat paraît donc être une activité pouvant plus facilement s'exercer à distance que celle de chef de projet. Cela me semble assez naturel dans la mesure où le tuteur intervient auprès des destinataires du dispositif de formation, les apprenants, qui sont forcément dispersés alors que le chef de projet travaille avec une équipe de conception pour laquelle la rencontre présentielle est difficile à abolir totalement ou même largement.

Image dans son contexte original, sur la page www.dessindepresse.com/02-illustrations_et_de....

mercredi 5 décembre 2007

Oh, le beau nombril !

Au terme de trois mois d'existence du blog de t@d, je vous fais part de quelques réflexions sur le fonctionnement et les perspectives de t@d.

Plusieurs auteurs du blog de t@d m'ont fait remarqué que le rythme de publication soutenu (en moyenne un post par jour), constituait une limite, voire un obstacle à leur participation et à l'interaction.

Deux extraits de mails reçus pour illustrer ceci : « Encore merci pour l'animation du blogue, mais vraiment je n'arrive pas à suivre le rythme, sauf peut-être en répondant rapidement à un sondage ! » « L'inconvénient du commentaire est qu'il doit être fait assez vite vu la rapidité avec laquelle vous insérez vos articles sur de nouveaux thèmes. »

La faible participation des autres auteurs du blog s'explique, du moins en partie, de la même manière.

De plus, la période de lancement du blog étant désormais achevée, je ne pense pas maintenir le même niveau de production.

Globalement, le support blog comporte de nombreux avantages (caractère publique des communications, commentaires, archivage, lien permanent pour chaque article, moteur de recherche, tags, etc.). A contrario, il se révèle moins efficace pour supporter les échanges que la liste de discussion tout comme celle-ci était apparue moins adaptée à la production collective que la plateforme collaborative utilisée par t@d durant sa première année d'existence. Le caractère publique du blog peut également se révéler inhibiteur ou provoquer chez l'auteur occasionnel un souci de perfection difficile à atteindre. Ces constats ne sont pas des découvertes et c'est pourquoi j'ai longtemps hésité à adopter le format blog pour t@d.

Ce choix étant désormais derrière nous, je soumets à vos commentaires quelques pistes de fonctionnement pour le blog dans les mois à venir.

  • Réduction de mon rythme de publication afin de laisser le temps de la réaction et de l'interaction ;
  • Possibilité pour les auteurs insatisfaits de leurs premiers jets de bénéficier d'un support à la rédaction ;
  • Consultation des auteurs sur le calendrier de publication du premier semestre 2008 ;
  • Collecte d'idées de sondage ;
  • Organisation d'échanges thématiques pendant une durée définie (mensuelle ?) ;
  • Réalisation d'interviews de tuteurs ;
  • Offrir à vos apprenants la possibilité de publier sur le blog dès lors que leurs travaux traitent du tutorat ;

De manière complémentaire, une équipe de veilleurs sur le tutorat sera prochainement installée (fin d'année ou janvier) et exploitera les outils de veille qui sont actuellement élaborés par Philippe Inowlocki.

Enfin, le premier volume des Fragments du blog de t@d paraîtra à la fin de l'année. Ce document PDF rassemblera une sélection d'articles publiés sur le blog et sera organisée en trois parties : Contributions, dossier sur le tutorat par les pairs, retours sur les sondages.

lundi 3 décembre 2007

Le tutorat, élément de la politique de la ville dans les banlieues ?

Le tutorat, forme d'accompagnement, peut-il aider à résoudre la crise sociale des banlieues ? C'est peut-être lui demander beaucoup, mais il est certain qu'il peut contribuer à remettre de l'humain où il y en a besoin et en premier lieu à l'école.




Extrait de l'interview de Pierre Cardo (député UMP) accordée au journal l'Humanité.

Si nous voulons que demain soit meilleur qu’aujourd’hui, nous devons investir sur l’éducation. La mise en place depuis des mois, dans nombre de nos quartiers, des équipes de réussite éducative, démontre la justesse de cette réponse. Prendre en charge les enfants dès le plus jeune âge, détecter ceux qui rencontrent des difficultés, les aider à comprendre ce qui se dit et se fait à l’école, leur redonner le goût de l’école en les aidant concrètement par la mise en place de petits ateliers. Pour ces jeunes qui ont des difficultés dans l’apprentissage de la lecture, organiser le soutien scolaire à tous les niveaux, y compris au lycée, mettre en place un tutorat renforcé qui permet un accompagnement individualisé ou encore organiser des études surveillées, bref, plus d’humain, voilà les vraies réponses auxquelles tout le monde doit être partie prenante. Il faut permettre à l’école de devenir un lieu de vie choisi et non une contrainte.


Source : l'Humanité

Image dans son contexte original, sur la page francouais.hic.free.fr/.../3joursdefolie.htm

dimanche 2 décembre 2007

Choisir un modèle de tutorat

Pablo Picasso - Le peintre et son modèle - Plume et encre de Chine sur papier

Il y a plusieurs semaines, je présentais le "Guide d’orientation pour la scénarisation du tutorat en ligne" de Richard Hotte et Véronique Besançon.

Des nombreuses informations contenues dans ce guide, celles concernant les modèles du tutorat me paraissent pouvoir faciliter la conception d'une stratégie tutorale.

C'est pourquoi je reproduis ci-après les textes présentant 3 modèles (prescriptif, collaboratif, relationnel). Les illustrations qui les accompagnent peuvent être visualisées sur le site d'origine (Dossiers technopédagogiques de Profetic).

Il est à remarquer qu'un modèle de tutorat ne saurait être choisi de manière indépendante de l'approche pédagogique du dispositif de formation. Sur ce point, je vous conseille la visite du site DismoiTic de Pierre Bénech.

- Modèle prescriptif

Le modèle prescriptif explicite l’intervention du tuteur sous forme de tâches qui sont étroitement liées au contenu du cours, surtout aux travaux notés. Ces tâches sont prescrites par l’enseignant-concepteur de manière à orienter l’intervention du tuteur sur la dimension cognitive de l’apprentissage. L’intervention du tuteur est donc davantage axée sur le contenu du cours qu’orientée sur la démarche d’apprentissage de l’étudiant.

En général, peu de temps est consacré à l’encadrement des étudiants comme tel dans ce type d’approche, l’accent étant mis sur l’élaboration du cours et sur le scénario pédagogique d’apprentissage. Ce modèle demeure implicite et, par le fait même, il est rarement formalisé sous forme d’un scénario. D’une part, il se résume aux tâches apparaissant à la description de fonction administrative du tuteur : contact de démarrage, contacts individuels de suivi, gestion d’un forum pour les informations générales et évaluation des travaux notés. D’autre part, il est défini par la présentation du contenu, visant essentiellement la transmission de connaissances.

La compétence exigée du tuteur est de type cognitif, donc détenir une excellente connaissance du domaine.

L’instrumentation supportant l’intervention du tuteur dans ce modèle se compose d’abord du matériel de cours. La communication, surtout individuelle, est supportée par le téléphone et par le courrier électronique. L’information générale sur le fonctionnement du cours est, dans la majorité des cas, communiquée à l’aide d’un forum électronique.

- Modèle collaboratif

Le modèle collaboratif s’est inspiré des travaux de Johnson et Johnson (1986) qui faisaient la preuve que des étudiants travaillant dans de petits groupes apprennent plus en profondeur et de manière plus persistante que ceux qui sont seuls et isolés. Le modèle collaboratif s’est donc appuyé sur ces expériences, des formations ont été planifiées mettant en place des groupes de travail utilisant les réseaux.

C’est donc lors de la conception des activités d’apprentissage que l’on met en place un modèle collaboratif de tutorat. Cette approche est beaucoup expérimentée dans les activités utilisant le forum comme environnement de discussion et de production. Par exemple, le forum sert d’espace de discussion pour petits groupes afin de préparer un travail soit d’équipe, soit individuel. L’animation de discussions dans le forum a comme but d’explorer un domaine en collaboration où chaque participant adopte un comportement collaboratif sous le guidage du tuteur. Le forum s’avère aussi un lieu privilégié pour la co-construction de connaissances par le travail en équipe.

Le formateur de ce cours jouera le rôle d’un tuteur-animateur qui a comme tâche de fond de favoriser l’émergence d’une communauté d’apprenants et de gérer (animer) les activités dans les forums de discussion et de production. Pour cela, on s’attend à ce que ce formateur possède certaines compétences propres à ce type d’intervention. Lise Damphousse (1996) nous les présente sous forme d’une carte conceptuelle.

La compétence de base exigée du tuteur est de type social et vise l’animation de groupe en plus, bien sûr, d’une connaissance du domaine. Sur le plan social, un tuteur à distance et en ligne est capable de planifier une façon de se comporter en groupe qui fasse progresser le groupe, de fournir de l’aide à la formation d’un groupe et finalement d’influencer la progression d’un groupe.

Dans le modèle de Damphousse (1996), on identifie quatre compétences de base : appliquer les techniques d’animation, appliquer les techniques d’encadrement et d’administration d’un groupe, adopter une attitude favorisant la collaboration et appliquer les fonctions d’animation du travail de groupe.

L’instrumentation supportant l’intervention du tuteur dans ce modèle se compose, en plus du matériel de cours, du courrier électronique pour la communication en mode individuel et du forum électronique pour la communication de groupe.

- Modèle relationnel

Le modèle relationnel représente un scénario de tutorat en ligne qui trouve ses fondements dans les données tirées des enquêtes menées dans le cadre du projet Tuteur, instrumentation et communautés virtuelles (FQRSC), des travaux conduits par Emmanuel Duplàa dans le cadre de sa thèse de doctorat (2003-2006) et de l’évaluation d’une formation de moniteurs en ligne offerte à l’Université numérique de Bretagne (2004 et 2005). Ce modèle vise à renforcer l’affirmation identitaire du tuteur dans l’exécution de la fonction tutorale au sein de l’établissement de formation.

Ce modèle de scénario relationnel est fondé sur la capacité du tuteur à autoévaluer ses compétences en fonction de la formation dont il a la charge, mais aussi en fonction du profil du ou des apprenants, de leur histoire de vie réciproque, dont il va encadrer la démarche d’apprentissage. Il est également axé sur la notion de collaboration dans le sens où le tuteur devient un guide pour l’apprenant et agit en fonction des besoins de ce dernier. La conception et le développement de ce modèle font appel à l’ingénierie des compétences (Paquette, 2002) et visent à permettre de satisfaire les besoins des tuteurs tout en facilitant leur construction identitaire au sein de l’établissement de formation où ils exercent leur fonction. Ce modèle a été présenté au colloque du CEFES à l’Université de Montréal (octobre 2005).

La cognition envisagée comme construction de significations (Bruner, 1991) trouve dans l’interaction interhumaine un lieu privilégié. Dans le contexte éducatif de la formation en ligne, cette interaction humaine se déploie dans un monde médiatisé par des signes et des artefacts. Là, la relation pédagogique prend la forme d’une relation de collaboration avec l’apprenant par laquelle cet apprenant peut toujours faire plus que lorsqu’il est seul, tout comme l’entendait Vygotski (1997) en écrivant qu’« en collaboration avec quelqu’un l’enfant peut toujours faire plus que lorsqu’il est tout seul ». En collaboration signifie « sous la direction et avec l’aide de quelqu’un », ici ce quelqu’un est le tuteur.

La compétence exigée du tuteur est de type savoir-être, accompagnée d’une excellente connaissance du domaine. Le tuteur est alors capable d’adopter un comportement facilitant. Ici, l’acte éducatif repose sur une rencontre humaine entre un tuteur et un apprenant.

L’instrumentation supportant l’intervention du tuteur dans ce modèle se compose, en plus du matériel de cours, du téléphone et du courrier électronique pour la communication en mode individuel et du forum électronique pour la communication de groupe. À ces moyens de base, on peut, selon le cas, ajouter les nouvelles applications apportées par le web social, par exemple les blogues et les wikis. Ce choix reste à l’entière discrétion du tuteur et de l’apprenant au moment où ils déterminent, conjointement, le type de collaboration qui favorisera, dans le respect des compétences du tuteur et des attentes de l’apprenant, l’apprentissage désiré.